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Musique classique et opéra par Classissima

Maria Callas

lundi 26 septembre 2016


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23 septembre

Compte rendu, critique, concert. Tours. Grand Théâtre, le 16 septembre 2016. Récital Annick Massis, soprano. Benjamin Pionnier, direction musicale.

Classiquenews.com - ArticlesRetrouver la soprano française Annick Massis, c’est, au fil du temps, comme retrouver une amie dont la présence chaleureuse et régulière rythme nos escapades lyriques et qu’on est toujours heureux de revoir. C’est avec elle que le chef d’orchestre Benjamin Pionnier a choisi d’ouvrir son mandat à la tête de l’Opéra de Tours, et c’est à cette occasion qu’il dirige pour la première fois l’orchestre de la maison. Pari réussi, à en juger par l’accueil enthousiaste des spectateurs venus nombreux pour ce premier concert de la saison 16-17. L’orchestre répond idéalement à son nouveau directeur et fait valoir tout au long de la soirée la qualité de ses pupitres, notamment dans l’Intermezzo de Manon Lescaut et dans l’Ouverture de Semiramide, Benjamin Pionnier dirigeant ses troupes avec une énergie visible et sachant en faire briller les couleurs en évitant tout excès. La soprano française Annick Massis a donné un récital mémorable à l’Opéra de Tours Feu d’artifice lyrique en ouverture de la saison tourangelle A l’écoute des premiers accords ouvrant la Sinfonia de la Norma bellinienne, on craint pour l’équilibre acoustique de la soirée, tant les musiciens réunis sur la scène emplissent jusqu’à saturation l’espace finalement assez réduit du théâtre tourangeau. Mais dès morceau suivant, la balance sonore se fait entre voix et orchestre, dans des proportions idéales. Un morceau à la valeur hautement symbolique, puisqu’il s’agit de la célèbre prière de Norma « Casta Diva » et que la date du concert coïncide avec le 39e anniversaire de la mort de Maria Callas, à laquelle Annick Massis tenait à rendre hommage durant ce récital. Une prière interprétée avec une belle pudeur par la soprano française, malgré un trac palpable durant les premières phrases mais vite dissipé dès que l’instrument monte et s’envole vers ses meilleures notes. Toujours Bellini avec la scène de Giulietta, que la chanteuse fait sienne avec une évidence confondante, tant le personnage existe dès les premiers mots et la musique semble couler toute seule dans sa voix. Le récitatif se voit ainsi déclamé avec une précision de haute école, et l’air, chanté tout entier dans une mezza voce suspendue, se déploie lentement le long d’un legato admirablement déroulé. Le programme se poursuit en compagnie du personnage de Juliette, cette fois celle peinte par Gounod. Le redoutable air du Poison témoigne, ainsi qu’à Liège voilà trois ans, de l’évolution de la vocalité de la soprano et du champ des possibles qu’ouvre cette lente maturation de l’instrument. La voix s’est étoffée sans perdre la riche insolence de son aigu et le grave, totalement ouvert, sonne pleinement, percutant et fier. Quant à la Valse, elle clôt la première partie d’une façon aussi virtuose qu’apparemment facile, vocalises déliée et aigus crânement lancés. Traviata for ever… Une fois l’entracte passé, Annick Massis renoue avec l’un de ses rôles de prédilection. Dès les premières notes du violon, la chanteuse semble disparaître, et c’est le personnage de Violetta Valéry qui se dresse devant nous, résignée mais toujours altière. Les mots de la lettre sont dits simplement mais avec une sincérité bouleversante, et ce « È tardi », si souvent crié à la face du monde par nombre de cantatrices, et ici énoncé comme une évidence déjà acceptée. Dans l’air qui suit, si souvent entendu au gré des scènes, la soprano française propose une progression dramatique aussi originale que personnelle, et qui justifie pleinement le rétablissement du second couplet. Ainsi, sa dévoyée, d’un couplet à l’autre, passe de la tristesse amère à la révolte, animée par un farouche désir de vivre qu’elle défendra jusqu’au bout, prenant à témoin les spectateurs de son combat contre la mort. Une vision admirablement servie vocalement, riche de couleurs et de nuances, phrasé archet à la corde, du très grand art. Davantage de légèreté avec la scène du Cours-la-Reine de la Manon de Massenet, dont la coquetterie est rendue avec une malice coupable par la soprano. L’écriture du rôle lui va évidemment comme un gant, et si le contre-ré clôturant le récitatif se révèle un peu court, celui couronnant l’air est atteint glorieusement et longuement tenu, à la grande satisfaction de la chanteuse… et la nôtre, comme un pari réussi. Et pour refermer ce programme franco-italien, l’un des défis dans lesquels se lance Annick Massis dans les semaines à venir : le rôle de Maria Stuarda, qui sera la première incursion de la chanteuse parmi les grandes reines donizettiennes, et la confirmation éclatante de l’évolution vocale que nous évoquions plus haut. La confrontation complète entre la reine d’Ecosse et la soprano aura lieu dans un peu plus d’un mois en version de concert sur la scène de l’Opéra de Marseille, ce récital permettait ainsi un premier rodage de la scène ouvrant l’acte II. Force est de constater que tout fonctionne à merveille et que la prise de rôle prochaine promet d’être un très beau succès. La cavatine déploie superbement sa ligne, et la cabalette, rageuse, se révèle électrisante, pleinement assumée jusque dans les sauts de registres, les variations dans la reprise, et un contre-ré fièrement dardé qui achève de soulever la salle. Le public est en liesse et en redemande : « avec ce qui reste, on va faire le maximum » répond la chanteuse. Ce sera rien moins que la cabalette finale « Ah non giunge » extraite de la Sonnambula de Bellini, l’un de ses chevaux de bataille. On n’oubliera pas de sitôt cette image de la soprano se retournant vers l’orchestre durant le pont instrumental qui prépare la reprise, comme pour se gorger de l’énergie dégagée par les musiciens, avant de refaire face au public dans un contre-mi bémol sidérant, attaqué de front, qui éblouit littéralement par sa richesse harmonique et remplit toute la salle. Les spectateurs exultent et rappellent longuement Annick Massis qui paraît soulagée par ce succès. Ultime rappel : la Pastorella dell’Alpi écrite par Rossini, petit bijou d’humour imitant la tyrolienne et que la soprano chante avec une gourmandise non dissimulée, osant un grave inattendu qui fait éclater de rire toute la salle, avant de remonter pour clore l’air sur un contre-ré bémol déconcertant de facilité, impérial. Un vrai moment de bonheur, servi par une chanteuse terriblement attachante, qu’on aime à suivre, et qu’on espère retrouver bientôt. Tours. Grand Théâtre, 16 septembre 2016. Vincenzo Bellini : Norma, Sinfonia ; “Casta diva”. I Capuleti e i Montecchi, “Eccomi in lieta vesta… O quante volte”. Adelson e Salvini, Sinfonia. Charles Gounod : Roméo et Juliette, Entracte de l’acte II ; “Dieu quel frisson… Amour, ranime mon courage” ; Le Sommeil de Juliette, Acte V ; “Je veux vivre” ; Giuseppe Verdi : I Vespri siciliani, Sinfonia ; La Traviata, “Teneste la promessa… Addio del passato”. Giacomo Puccini : Manon Lescaut, Intermezzo. Jules Massenet : Manon, “Suis-je gentille ainsi ?”. Gioachino Rossini : Semiramide, Ouverture. Gaetano Donizetti : Maria Stuarda, “Oh nube che lieve… Nella pace del mesto riposo”. Annick Massis. Orchestre Symphonique Région Centre-Tours. Benjamin Pionnier, direction musicale

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23 septembre

Cinéma : Sonya Yoncheva chante Norma

CINEMA. Sonya Yoncheva chante Norma, lundi 26 septembre 2016, 19h30. En direct du Royal Opera House de Covent Garden, les salles de cinéma diffusent la prise de rôle événement de cette rentrée lyrique européenne : Norma par la soprano vedette Sonya Yoncheva. A l’affiche du Royal Opera House de Covent Garden à Londres, le sommet belcantiste de Bellini, Norma de 1831, permet actuellement une prise de rôle proche du sublime par la soprano Sonya Yoncheva, – pour classiquenews, l’une des divas assolutas de l’heure, avec sa consoeur Anna Netrebko (dont le récent album discographique Verismo a obtenu le CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016) … Chanter Norma dans le sillon de la créatrice, Giuditta Pasta n’est pas chose aisée pour toutes les cantatrices lauréates à relever les défis de ce rôle de femme forte, tragique, toujours digne. Sa grandeur morale fait plier finalement tous ses ennemis, y compris l’indigne romain Pollione, qui l’a abandonnée pour une plus jeune (Adalgisa) et dont elle a eu deux enfants. Mère et femme trahie, Norma incarne un personnage mythique de l’opéra romantique italien auquel Sonya Yoncheva apporte sa couleur sensuelle et ses dons de tragédienne extatique, langoureuse, hallucinante (en particulier dans le fameux air à la lune, “Casta diva », air légendaire qui a fait le triomphe avant elle, de Maria Callas ou de Montserrat Caballe). Une prise de rôle événement qui explique pourquoi il ne faut manquer sous aucun prétexte cette production diffusée au cinéma, ce (lundi) 26 septembre 2016, à partir de 20h, dans les salles partenaires de l’événement. Autre argument de cette production londonienne de Norma… Dans la fosse l’excellent Antonio Pappano (directeur musical du Royal Opera House / ROH) qui sait ciseler la tenue de l’orchestre dans son rapport aux voix (c’est lui dirige Puccini et les véristes italiens choisis par Anna Netrebko dans son récent recueil « verismo » édité chez Deutsche Grammophon. La réalisation scénique et visuelle est signée du truculent et parfois confus Àlex Ollé, l’un des directeurs de la compagnie catalane La Fura dels Baus. Pour cette Norma, le metteur en scène inscrit l’action de la prêtresse gauloise dans un contexte de guerre menée par les extrêmes d’une société religieuse fanatique. Aux côtés de la soprano vedette, distinguons le ténor maltais riche en finesse et tension dramatique : Joseph Calleja (Pollione), mais aussi Sonia Ganassi (la jeune prêtresse Adalgisa) et Brindley Sherratt (Oroveso, le père de Norma). Durée indicative : 3h, comprenant 1 entracte, une présentation de 15 minutes. Norma diffusée ainsi depuis Londres ouvre la nouvelle saison du ROH Live Cinema, diffusion dans les salles de cinéma en France des spectacles opéras et ballets de ROH / Royal Opera House de Londres (12 soirées sont annoncées pour cette saison, 6 opéras et 6 ballets). Norma de Bellini, en direct du Royal Opera House de Covent Garden, Londres
Chanté en italien avec des sous-titres en anglais NORMA : SONYA YONCHEVA POLLIONE : JOSEPH CALLEJA ADALGISA : SONIA GANASSI MUSIQUE – VINCENZO BELLINI CHEF D’ORCHESTRE : ANTONIO PAPPANO METTEUR EN SCENE : ÀLEX OLLÉ + D’INFOS: sur le site du ROH Royal Opera House de Londres / Norma de Bellini avec Sonya Yoncheva , à l’affiche du Royal Opera House de Covnent Garden Londres, du 23 septembre au 8 octobre 2016 Norma de Bellini par Sonya Yoncheva à Londres est diffusé aussi sur la radio BBC 3, le 5 novembre 2016 18h30 Norma de Bellini avec Sonya Yoncheva, à l’affiche du Royal Opera House de Covnent Garden Londres, du 23 septembre au 8 octobre 2016 + D’INFOS sur le site du ROH Londres LES SALLES EN FRANCE partenaires du ROH, qui diffusent NORMA, le 26 septembre 2016, 19h30 : consulter le site du ROH Live cinema




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3 septembre

Nouveau Samson de Saint-Saëns à Bastille

Paris, Opéra Bastille : Samson et Dalila de Saint-Saëns : 1er octobre – 5 novembre 2016. Nouvelle production attendue, Samson et Dalila de Saint-Saëns se faisait attendre depuis des années sur les planches parisiennes (près d’un quart de siècle !). C’est dire l’abandon dont a souffert un opéra pourtant majeur de l’histoire de l’opéra français romantique) ; la faute probablement à un manque d’estime pour notre patrimoine romantique français dans l’Hexagone, et surtout, l’absence de grandes voix pour défendre les deux rôles écrasants du héros trahi, Samson et de la séductrice pernicieuse, Dalila. Héros blanc à la façon d’un Hercule trop humain, envoûté ; grande prêtresse de l’amour qui a vendu son âme au diable religieux, … l’intrigue, entre épopée historique et érotisme à peine voilé, fait valoir ses formidables arguments dramatiques et poétiques. Qu’il s’agisse des scènes d’intimisme voluptueux (comme les séquences de séduction entre Samson et Dalila), ou les tableaux collectifs (évocation des Philistins, danses ou orgie et Bacchanale, reconstuituées…), Saint-Saëns démontre une maestria irrésistible. L’HISTOIRE BIBLIQUE SELON SAINT-SAËNS… Quand il aborde l’Antiquité biblique, Camille Saint-Saëns, génie romantique français qui n’obtint jamais le Prix de Rome, s’intéresse à la figure de Dalila, donneuse et séductrice implacable, bras armé du prêtre de Dagon : en elle coule la veine d’une Kundry – grande tentatrice au chant voluptueux et serpentin…, elle trahit le puissant Samson, – défenseur des hébreux et d’Israel, pour découvrir sa faiblesse et le livrer aux Philistins : séduire le héros magnifique pour capter sa force et l’anéantir totalement… ainsi le plus bel air de tout l’opéra romantique en France au XIXè : « Mon cœur s’ouvre à ta voix comme s’ouvrent les fleurs aux baisers de l’aurore », – immortalisé par Maria Callas, est le chant d’une sirène fatale, consciente de ses agissements trompeurs. L’amour est une arme qui sert un dessein machiavélique ; rien ne résiste ici à l’ensorceleuse haineuse et destructrice. Mais la vengeance d’un Samson à présent affaibli, humilié et aveugle (III) accomplit un suprême miracle, recouvrant in extremis sa force originelle pour détruire le temple païen et y ensevelir les ennemis de son dieu… Créé dès 1877 à Weimar grâce l’engagement et au soutien indéfectible de Liszt, grand ami et protecteur des compositeurs de son époque, Samson et Dalila attendit encore 15 années pour être enfin joué (et applaudi) à Paris. Pour cette création parisienne, Saint-Saëns écrit évidemment un complément : soit pour satisfaire les codes de la Maison française, une danse inédit : le ballet « des prêtresses de Dagon ». Inimaginable oubli, depuis plus de 25 ans : l’ouvrage avait déserté les planches de l’Opéra national de Paris, voici qu’il ressuscite dans une distribution très prometteuse. Samson et Dalila de Camille Saint-Sans à l’Opéra Bastille, Paris Opéra en trois actes et quatre tableaux (1877) Du 1er octobre au 5 novembre 2016 RESERVEZ VOTRE PLACE Livret : Ferdinand Lemaire Nouvelle production > 2h50 dont 2 entractes Distribution Direction musicale : Philippe Jordan Mise en scène : Damiano Michieletto Dalila : Anita Rachvelishvili Samson : Aleksandrs Antonenko Le Grand Prêtre de Dagon : Egils Silins Abimélech : Nicolas Testé Un Vieillard hébreu : Nicolas Cavallier Un Messager philistin : John Bernard Premier Philistin : Luca Sannai Deuxième Philistin : Jian-Hong Zhao Décors : Paolo Fantin Costumes : Carla Teti Lumières : Alessandro Carletti Chef des Choeurs : José Luis Basso Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris Approfondir CAMILLE SAINT-SAËNS (1835-1921) Tempérament précoce, Saint-Saëns suit l’enseignement de Halévy, dès ses 13 ans. Il échoue à deux reprises au Prix de Rome, mais son génie, d’abord comme pianiste puis comme compositeur s’affirme très vite, obtenant nombre de récompenses et titres prestigieux : il devient académicien, membre de l’Institut en 1881 (à 46 ans). Aux côtés du piano, Saint-Saëns éblouit le parisiens à l’orgue, en particulier de la Madeleine dont il est titulaire (1857-1877). Très engagé pour la défense du patrimoine français, Saint-Saëns est le premier à rééditer Gluck et Rameau. Et comme Liszt, sut développer une curiosité d’esprit, admirant Schumann et Wagner. En 1871, à 36 ans, Saint-Saëns fonde alors que la France connaît une défaite historique, la Société national de de musique (pour en démissionner 15 ans plus tard, en 1886 : car Saint-Saëns est un esprit libre et indépendant ; à sa création, la SNM comme parmi ses membres fondateurs : Franck, Guiraud, Saint-Saëns, Massenet, Garcin, Fauré, Castillon, Duparc, Dubois, Taffanel et Bussine. L’objectif est de créer les oeuvres des membres devant le public, opération exemplaire visant la promotion des oeuvres contemporaines, précisément écrits par les compositeurs qui sont ses propres membres. Les récitals de musique de chambre sont donnés dans les salons Pleyel ; les concerts symphoniques, salle Erard et église Saint-Gervais. Bussine, Franck, puis d’Indy en sont les premiers présidents. En 1886, quand est décidé d’élargir le profil des compositeurs joués et défendus par la SNM, soit en faveur des compositeurs non membres et des étrangers, le bureau fondateur implose pour divergence de vues : Saint-Saëns comme Bussine, démissionne. Mais l’élan pour la musique moderne était lancé et persistant : rejoignent la Société ainsi renouvelée, Debussy et Ropartz (1888), puis Schmitt (1894), et enfin Ducasse et Ravel (1898-1899) Saint-Saëns laisse une oeuvre importante dans tous les genres : 5 Symphonies dont la dernière avec orgue ; 5 Concertos pour piano ; 4 poèmes Symphonique et plusieurs opéras dont Samson et Dalila (1877), Henry VIII (1883). L’OPERA FRANCAIS ROMANTIQUE A L’ÉPOQUE DE SAINT-SAËNS : A l’époque de Saint-Saëns, l’opéra est le genre noble par excellence, un défi et un but pour tout compositeur digne de ce nom. Le Conservatoire de Paris assure la formation des futurs compositeurs lyriques. Chacun souhaite à terme faire créer son « grand opéra » à l’Académie (l’opéra national de Paris actuel), en sacrifiant entre autres à la convention du ballet intégré dans l’action. L’opéra français connaît ses heures de gloires avec Auber (La Muette de Portici, 1828), Meyerbeer (Robert Le Diable en 1831 ; L’Africaine en 1865), puis Halévy, Gounod, Thomas, Reyer et … Saint-Saëns. Simultanément aux productions française (grand sepctacle) ainsi donné à l’Académie, Le Théâtre-Italien préféré par les princes et aristocrates, affiche les opéras italiens, écrins du bel canto signés Cimarosa, Rossini, Bellini, Donizetti. Héritier des oeuvres cocasses, délirantes et souvent parodiques de la Foire, L’opéra-comique accueille le genre lyrique spécifique qui alterne le chanter et le parler, cultivant plutôt la veine comique mordante, d’abord illustrée par Boieldieu, Hérold, Adam, … puis Thomas, Delibes, Bizet avec lequel (Carmen, 1875), le genre ayant très évolué ne présente plus guère d’accents humoristiques, mais intensément dramatiques voire tragiques. Défenseurs de la veine comique et facétieuse, deux compositeurs innovant, enrichissent encore l’offre lyrique parisienne : Hervé fonde le théâtre des Folies-Nouvelles (1854) ; Offenbach, les Bouffes-Parisiens (1855) : ils y inventent simultanément un nouveau genre : l’opérette, nouveau théâtre musical, faussement léger car il ne manque pas de profondeur. Dans ce contexte, le classique Saint-Saëns fait créer Samson en 1892, suscitant un triomphe éclatant, grâce à son orchestration raffinée et flamboyante, à la séduction de ses mélodies, à ce orientalisme qui n’empêche pas de furieux accents voluptueux : car la sirène Dalila, astucieuxe manipulatrice, est surtout une puissante force érotique, aux élans lascifs irrésistibles, que la musique de Saint-Saëns a parfaitement exprimé. WAGNERISME QUAND TU NOUS TIENS… Ainsi dans sa texture riche, colorée, somptueuse, l’orchestre de Saint-Saëns se montre lui aussi très perméable au wagnérisme, même s’il a comme Nietzsche, révoqué ensuite comme Debussy, l’attraction du maître de Bayreuth (d’ailleurs, même dans le cas de Debussy, cf son opéra Pelléas et Mélisande, la force de l’orchestre, demeure d’essence wagnérienne.) Tel est la contradiction des compositeurs français… Car en dépit de la création sulfureuse de Tannhaüser en 1861, dont le choc fut reçu et fixé par Baudelaire, Wagner ne cesse pendant toute la seconde moitié du XIXème d’influencer profondément les Français (dont surtout les wagnériens affichés, déclarés, tels Joncières, Franck, Duparc, Chausson, Ropartz…). Par les réactions vives et souvent passionnées qu’il a suscité, qu’il soit source de fascination féconde et inspiratrice ou sujet de détestation, par les réactions qu’il a suscité, le wagnérisme, très actif encore dans les années 1870 et 1890 (Wagner a inauguré le premier festival de Bayreuth avec la Tétralogie intégralement représentée en 1876, puis s’est éteint en 1883), reste le mouvement esthétique du XIXè le plus fondamental en France, du Second Empire à la IIIè République. Qu’il l’est minimisé ou non, Saint-Saëns fait partie des auteurs qui l’ayant reçu, n’en sont pas sortis indemnes. L’orchestre de son Samson en présente la trace. Discographie : Saint-Saëns, cd récemment enregistrés : Concertos pour piano n°1 et 2 par Louis Schwizgebel (2015) Recréations récentes : Les Barbares (opéra de 1901, recréé à Saint-Etienne en 2014)



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2 septembre

Le blog de l’été (9) – Ce jour-là : 20 février 1816

Le Barbier de Séville fut hué le premier jour ; il s’en est bien relevé ! Dessin de Frédéric Sorrieu (© Bibliothèque de l’Opéra) Ce jour-là, grand chahut au Théâtre Argentina de Rome. Ce jour-là, tout s’était déglingué et le public s’était partagé entre indignation et belle rigolade. Ce jour-là, le pauvre Gioacchino s’était éclipsé lorsqu’il fallut baisser le rideau. Ce soir-là, le sort s’était acharné sur l’un des titres les plus populaires du répertoire lyrique. 20 février 1816 : la création du Barbier de Séville. Gioacchino Rossini (1792-1868), un surdoué, qui prendra sa retraite à 37 ans ! (DR) Un écrivaillon Rossini avait alors vingt-quatre ans. Ce surdoué en était déjà à son dix-septième opéra ! Le 15 décembre 1815, il avait signé un contrat avec l’impresario (ainsi nommé à l’époque, en fait le directeur de l’Argentina de Rome), le duc Francesco Sforza Cesarini, précisant que quatre cents écus lui seraient versés pour un nouvel ouvrage qui devait être créé le 5 février suivant, date finalement repoussée au 16 du même mois. Et notre duc, après avoir refusé un livret commandé au poète Jacopo Ferretti, s’était, faute de temps, rabattu sur Le Barbier de Séville, fameuse pièce de Beaumarchais revue et corrigée par Cesare Sterbini, écrivaillon appartenant à l’administration pontificale. C’était un joli sujet, quoique susceptible d’irriter la censure romaine, qui pourtant, « ennuyée ce jour-là de parler de mœurs et décence », ainsi que le note Stendhal dans sa fameuse biographie rossinienne, l’accepta. Un sujet qui avait déjà inspiré une demi-douzaine de compositeurs, dont les Allemands Ludwig Benda et Jean-Christophe Elsperger, le Français Nicolas Isouard et, surtout, l’Italien Giovanni Paisiello, dont le Barbier, créé plus de trente ans auparavant à la Cour de Saint-Pétersbourg, avait été acclamé dans toute l’Europe. Giovanni Paisello (1740-1816), considéré en son temps comme le maître de l’opera buffa, fut pendant neuf ans le maître de chapelle de Catherine II de Russie. Il est l’auteur d’une centaine d’opéras, dont « Il barbiere di Siviglia » est le plus célèbre. Toile d’Elisabeth Vigée Le Brun. (DR) La police papale Prudent, Rossini avait changé le titre de l’ouvrage, devenant ainsi Almaviva o sia l’inutile precauzione ; il avait rédigé un avertissement au public expliquant que son Barbier comportait « plusieurs situations nouvelles permettant d’intercaler ces pièces musicales que demande le goût moderne, si évolué depuis les temps où Paisiello écrivait sa célèbre partition », et il avait écrit très respectueusement au vieux maître lequel – c’est toujours Stendhal qui parle – se « mourait de jalousie » devant les premiers succès de son jeune collègue, et comptait apparemment « sur une chute éclatante », mais il répondit très poliment qu’il « applaudissait avec une joie véritable au choix fait par la police papale. » Ce jour-là, Manuel Garcia prit quelques libertés… (DR) En effet, malgré une luxueuse distribution (la jeune Geltrude Giorgi-Righetti en Rosine, l’illustre ténor espagnol Manuel Garcia en Almaviva, le Figaro du très réputé Luigi Zamboni), le tumulte fut, lui, éclatant. Les admirateurs de Paisiello s’étaient mobilisés, leur zèle fut stimulé par quelques regrettables incidents : première anicroche déjà avec la Sérénade d’Almaviva que Garcia, avec l’autorisation de l’auteur, avait interprétée dans une version hispanisante très personnelle ; or, sa guitare était mal accordée et, en voulant rectifier le tir, Garcia avait cassé une corde. Il faut peu de choses pour déclencher le rire du public. L’air de la calomnie Hélas, le sort s’acharnait sur la soirée : Zenoblo Vitarelli, titulaire du rôle de Basilio, tombe dans une trappe en entrant sur scène, et c’est en tamponnant avec son mouchoir un nez sanguinolent qu’il attaque l’air de la calomnie. Le public jubile. Un chat se faufile alors sur le plateau et se frotte avec insistance contre les jambes des chanteurs. « Voici les funérailles du duc Cesarini ! », lance un plaisantin – remarque d’un absolu mauvais goût alors que l’on venait d’enterrer le duc (et impresario de l’Argentina), victime à quarante-quatre ans d’une crise cardiaque dans la nuit du 6 au 7 février. Rossini, qui dirige devant son piano, reste impassible. Quand il se lève pour applaudir les chanteurs, le tumulte augmente. Provocation ! Deuxième acte : la partition est définitivement engloutie, on baisse le rideau. Rossini regagne son hôtel, et lorsque les interprètes de la soirée viennent le réconforter, ils apprennent que le maestro dort déjà. Le compositeur va déclarer forfait pour la deuxième soirée, chaleureusement applaudie. La troisième représentation, que ne boudera pas l’auteur, sera acclamée et, après la septième et dernière représentation, on portera Rossini en triomphe. Déjà star internationale, c’est sur la scène de la Scala que Maria Callas incarna la Rosine rossinienne. (Coll. Barichella) Un baril de poudre Deux ans plus tard, Le Barbier de Séville entamera sa carrière internationale : Londres, puis Barcelone ; en 1819 : Munich, New York avant Paris, le 26 octobre, aux Italiens. Le Barbier entrera, neuf ans plus tard, au répertoire de l’Académie royale de musique, sise rue Le Peletier. Les plus grands interprètes s’y lanceront, dont Maria Callas, le 16 février 1956, à la Scala de Milan. Entre temps Berlioz, et quelques autres, auront vitupéré : « Si j’avais pu mettre un baril de poudre sous la salle Louvois et la faire sauter, avec tous les gens qu’elle renfermait, tandis qu’on y chantait Il Barbiere ou La Gazza, certes, je n’y aurais pas manqué »… Rossini, toujours lui, mais sur un tas d’or… Photographie d’Etienne Carjat… Expert en gastronomie Tel fut le sort d’un opéra immensément célèbre, dont l’auteur composa la partition, avec quelques emprunts il est vrai, en quinze jours, et moins sans doute si l’on en croit l’aveu un peu bravache de l’auteur. Sollicité ensuite par le San Carlo de Naples, la Fenice de Venise, la Scala de Milan, l’Académie royale de musique, passant de l’opéra-bouffe à l’opera seria, alternant échecs et succès, il posera la plume à trente-sept ans, se contentera de rédiger quelques « Péchés de (ma) vieillesse » et, expert en gastronomie, « retraité énigmatique et grassouillet », selon la formule de Frédéric Vitoux, il sera, sur un tas d’or, l’une des vedettes du Tout-Paris mondain. Appartement à la Chaussée d’Antin, résidence d’été à Passy. Un ami l’avait mis en garde : « Vous allez habiter à Passy ? Vous entendrez constamment le sifflet des locomotives… – Mon cher, quand on a assisté à première du Barbier, on est vacciné contre tous les sifflets du monde ! » (Diapason – Chronique septembre 2015) Pour combler votre curiosité Stendahl : Vie de Rossini (Ed. Parution) Frédéric Vitoux : Gioacchino Rossini par (Seuil) Damien Colas : Rossini, l’opéra de lumière par (Gallimard) Collectif : Rossini, le Barbier de Séville, (L’Avant-Scène Opéra) Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason de septembre 2016 : « Ce jour-là, 14 décembre 1784 : Mozart entre dans la franc-maçonnerie »

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17 août

FRANCE 3 rend Hommage à Luciano Pavarotti

FRANCE 3. Concert Hommage à Luciano Pavarotti. Le 9 septembre 2016, 20h55. « LUCIANO PAVAROTTI, LE CONCERT DES ÉTOILES » : France 3 rend hommage au ténor le plus adulé de son vivant, Luciano Pavarotti , qui s’est éteint il y a 10 ans déjà (à l’automne 2007, à 71 ans), à Modène, la ville qui l’avait vu naître le 12 octobre 1935. A l’instar de Callas ou de Caruso, le timbre unique du ténor Luciano Pavarotti est reconnaissable entre tous : solaire, lumineux, étincelant, d’un éclat qui éblouit définitivement. Durant quatre décennies, Luciano Pavarotti a incarné la splendeur de l’opéra italien (essentiellement verdien et puccinien) et l’a fait rayonner à travers le monde. Il est le ténor qui a popularisé l’art lyrique, réunissant un public venant de tous horizons. N’hésitait pas à se produire seul dans des lieux différents, son éternel mouchoir blanc à la main, Luciano partait à la conquête d’un large public. En plus de quarante ans de carrière, il a contribué au rayonnement de son art au cours de nombreux concerts télévisés, dont le légendaire concert des Trois Ténors, avec ses confrères et partenaires, Placido Domingo et José Carreras. Aujourd’hui presque 10 ans après sa mort (survenue le 6 septembre 2007), Luciano Pavarotti est toujours présent ; son héritage, immense par sa générosité, son ouverture, sa curiosité. Plusieurs grands noms du monde lyrique se retrouvent ici sur la scène du Sporting des Etoiles de Monte Carlo : ils chantent les plus grands airs de son répertoire en son honneur. Ponctué d’images d’archives et de témoignages, ce concert de mai 2016, ressuscite l’immense artiste Pavarotti. Programme : airs, duos et trios célèbres de Verdi, Puccini, Donizetti, Rossini, mais également Bernstein, Dalla, de Curtis… Soirée spéciale – durée : 2h15mn — Enregistré pendant la tournée de mai 2016 à la salle des Etoiles de Monte Carlo Avec l’Orchestre de l’Opéra de Marseille, sous la direction de Yvan Cassar. Solistes : Andrea Bocelli, Joseph Calleja, Olga Peretyatko, Anita Hartig, Jean-François Borras, Julien Behr, Pumeza Matshikiza, Florian Laconi, Catherine Trottmann… LIRE notre grand dossier PORTRAIT de Luciano Pavarotti, au moment de son décès survenu le 6 septembre 2017 L’art de Luciano Pavarotti A partir des années 1970, celles qui mènent à la quarantaine, fort d’une technique plus affûtée encore, grâce au travail mené avec Joan Sutherland (en particulier sur le plan du souffle: le chanteur s’est ainsi contruit un diaphragme en béton), Pavarotti ose graduellement les rôles plus dramatiques, chez Verdi et Puccini. Ainsi, Riccardo (Bal masqué), Rodolfo (Luisa Miler) puis Le Trouvère, chez Verdi; Cavaradossi (Tosca) puis Calaf (Turandot), chez Puccini. Cette évolution de la carrière culminera sur le plan dramatique avec Aïda de Verdi, dans les années 1980. Son Radamès éblouit par sa vaillance militaire, en totale adéquation avec le caractère à la fois belliqueux et amoureux du jeune soldat, épris de la belle esclave nubienne, devenu général puis traître par passion. Viennent enfin, outre les rôles véristes: Canio (Paillasse de Leoncavallo, 1987), ou Enzo (Gioconda de Ponchielli), et encore Andrea Chénier de Giordano (en 1996 à New York), les derniers rôles verdiens qui manquaient à son profil audacieux: Ernani, Otello, puis Don Carlo de Verdi. Le style Pavarotti Le ténor n’a chanté qu’en italien, osant quelques airs en français, approchés en récital, jamais dans le cadre d’une production: Don José (Carmen de Bizet), Werther de Massenet (Pourquoi me réveiller?). Son souci de la clarté et de la diction n’ont pas à pâlir… Piètre acteur, du fait, avec les années, de son embonpoint (le géant de 1,90m pesait selon les périodes entre 90 et 120 kg), Luciano Pavarotti a réussi le tour de force de tout concentrer, dramatisme et intensité, tension et émotivité, dans sa seule voix. Une voix prodigieuse par sa projection claire et naturelle, un timbre “solaire”, rayonnant et tendre, à la fois héroïque et raffiné. Qui a vu et écouté l’interprète, ait resté saisi par le charisme de chacune de ses prestations: l’expression passe chez lui par le feu de la voix, par l’acuité du regard, l’incandescence voire la fulgurance de l’émission naturellement timbrée et musicale. L’amour de la foule Le roi du contre-ut, n’a jamais caché son amour du risque et du défi. A 55 ans, en 1990, il innove et bouscule bon nombre d’habitudes conservatrices qui asphyxiaient le milieu lyrique. Avec les deux autres ténors médiatisés comme lui, Placido Domingo et José Carreras, Pavarotti “invente” un type de récital inédit à trois voix, en particulier pour la finale de la coupe du monde, le 16 juillet 1990. LIRE notre grand portrait de Luciano Pavarotti par Lucas Irom : sa carrière, ses partenaires (Joan Sutherland), ses plus grands rôles chez Bellini, Rossini, Donizetti, Verdi, Puccini…

Maria Callas
(1923 – 1977)

Maria Callas est une cantatrice américaine naturalisée grecque (2 décembre 1923 - 16 septembre 1977). Surnommée « la Bible de l'opéra » par Léonard Bernstein, « la Callas » – telle qu'elle est couramment appelée – a bouleversé l'art lyrique du xxe siècle en valorisant l'approche du jeu d'acteur, jusqu'alors relégué au second plan. Entourée des meilleurs artistes de son époque (Boris Christoff, Mario del Monaco, Giuseppe Di Stefano, etc.) et s'étant produite sur les principales scènes d'opéra du monde (New York, Londres, Paris, Milan, Venise, Rome, Buenos Aires, Mexico, etc.), Callas demeure encore au xxie siècle l'une des cantatrices les plus célèbres, à la fois par le timbre très particulier de sa voix, son registre étendu, sa grande virtuosité alliée à un phrasé à nul autre pareil et son talent de tragédienne, lui permettant d'incarner littéralement les personnages qu'elle interprétait (Lucia, Gilda, Violetta).



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