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Musique classique et opéra par Classissima

Maria Callas

samedi 28 mai 2016


La lettre du musicien (Comptes rendus)

23 mai

Médée à l'Opéra de Nice

La lettre du musicien (Comptes rendus)Alors que l’Opéra de Dijon présentait la version originale en français du chef-d’œuvre de Cherubini, Nice en propose la version italienne, plus connue, dans une distribution soignée. Ce qui est pénible, avec les enfants, c’est qu’ils n’arrêtent pas de tripoter leur portable. Ou alors ils sont addicts aux jeux vidéo. Qu’ils aient pour parents Médée et Jason n’y change rien. Elle, très executive woman est furax et le fait bruyamment savoir parce que son mari lui a préféré la fille d’un patron d’une grosse boîte, une jeunette qui bosse dans l’entreprise paternelle, quelque part à La Défense ou à la City. Voilà ce que nous montre Guy Montavon, éludant quelques éléments essentiels, notamment que Médée est une magicienne, Jason un héros. Mais une magicienne n’a rien à faire à La Défense, ni la Toison d’or dans un open space. Parfois on sourit alors qu’il faudrait trembler. C’est que ce réalisme anecdotique colle mal avec le mythe et avec la musique de Cherubini. Heureusement, celle-ci est indemne. Au contraire de la production dijonnaise (lire ici ), la Médée que l’on entend ici se fonde sur la version viennoise de 1809, en reprenant l’œuvre telle que la chantait Maria Callas, mais sans les récitatifs apocryphes composés par Lachner vers 1850, tranformés en dialogues parlés. Nicola Beller Carbone (Medea) impressionne beaucoup par sa présence scénique, la puissance, le raffinement et la qualité de son chant, avec parfois quelques raucités “callassiennes”. Hélène Le Corre (Glauce) lui oppose sa fragilité et son art de la vocalise déliée et élégante. Gabriele Mangione (Giasone) sait lui aussi ce que signifie le bel canto classique, à la fois “sensible” et héroïque. Belle surprise encore avec Danierla Pini (Neris) , très émouvante dans le « Solo un pianto ». Bernard Imbert incarne Creonte avec beaucoup d’autorité et un style clair, très français. La direction de George Petrou manque parfois de tension dramatique et tirerait Cherubini vers un style galant, sauf évidemment dans les grands moment symphoniques comme, l’ouverture et les introductions des actes II et III, mais on sent l’orchestre tenu avec précision. (19 mai)

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16 avril

FOG, l’arracheur du dedans

Je relis quelques aphorismes de Karl Kraus. Notamment sur les journalistes qu’il exècre : “Les journaux ne sont pas loin d’être à la vie ce que les cartomanciennes sont à la métaphysique” ou “Les journalistes sont stimulés par les délais. Ils écrivent plus mal quand ils ont du temps.” Et aussi cela, savoureux : ” Point commun entre la prostitution et le journalisme : la capacité de ne pas ressentir quoi que ce soit.Avantage de la prostitution sur le journalisme : la possibilité de ressentir quelque chose n’est pas exclue.” Mais FOG ne simule pas seulement comme un journaliste, il ment aussi très bien comme écrivain. Ou comme une Arracheuse de dents. Quelle ironie que ces lignes moqueuses soient écrites par un Bel Ami. Les cyniques aussi ont leurs pudeurs et leurs quarts d’heure de sincérité. Voici son programme : 1 Radetzky March de Johann Strauss (Harnoncourt) 2 Lucevan e Stelle le grand air de Tosca de Puccini (Pavarotti) 3 Concerto pour violon de Beethoven (Menuhin) 4 Casta diva par la Callas 5 Una furtiva lacrima de Donizetti (Pavarotti) 6 début des chœurs de la Passion selon Saint Matthieu de Bach Autres musiques : 1 What a wonderfull World de Louis Armstrong 2 Pharaon de Chico and the Gypsies 3 Leila de Derek and the Dominoes (l’instrumental de Clapton)




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12 avril

Deux fois le miracle au Théâtre des Champs-Elysées

Ph. Carole Bellaiche On avait marqué la date depuis longtemps. Un jour, bientôt, Adam Laloum donnera un récital complet dans une grande salle de Paris, et Paris criera à la merveille. Ce ne sera pas la première fois que Jeanine Roze aura pris les devants, ouvrant sa série (déjà historique) du dimanche matin à un artiste de premier ordre, qui a choisi la discrétion et la lenteur mais dont la sévérité, la distinction, le charme et la hauteur de vues tranchent sur l’ensemble de sa génération (les chambristes, les solistes aussi) pourtant riche en talents d’abord musicaux et sérieusement formés. Le programme suffirait. Davidsbündlertänze de Schumann, une relative rareté au concert (et pour cause : c’est vétilleux à mettre au point) et la Si bémol D.960 de Schubert, le Mont Everest (et, sous ses apparences paisibles, la tempête aussi), c’est ne rien disperser ; ne pouvoir se cacher derrière aucun nuage ou flash sonore, aucun effet ; s’exposer en nue vérité ; permettre à vingt, cent, mille détails précieux de démontrer, cruellement, que vous n’êtes pas digne de la musique que vous jouez. Au terme de ces Tänze où les humeurs se perdent, s’enchaînent, établissent peu à peu un climat d’anxieuse complicité qui est peut être bien ce que Schumann a proposé de plus délicat et fragile dans l’équilibre des parties (l’émerveillement étant presque automatiquement acquis à tout ce qui est écrit dans la nuance zart, intraduisible tendresse qui demande des miracles de tenue et de variété dans le timbre), la musique semble se retirer sur la pointe des pieds, n’ayant fait que nous effleurer de son aile la plus secrète et troublante, nous laissant en suspens, et comme en attente d’un miracle qui soit plein, et pleinement miracle. Il va venir. Il a été préparé. C’est Schubert. Le dernier et le plus beau Schubert. Est-ce parce que le suspens schumannien lui établissait d’avance son frémissement (effet qui n’est possible qu’en un si bref récital : dans un grand, une même partie n’aurait pu permettre à deux œuvres aussi importantes d’en quelque sorte s’enchaîner) ? En effet, comme les Tänze s’en allaient sur la pointe des pieds sans conclure, ainsi la sonate à son magique commencement semble ne rien faire que continuer. Les points de suspension qu’il y avait à la fin de l’autre, ils sont perceptibles dès avant l’attaque (si on peut l’appeler attaque) de celle-ci. La sonorité de Laloum s’est stabilisée au long d’une grande demi-heure déjà, et l’attente dans la salle elle aussi s’est chauffée ; on est à la température juste ; le piano, pleinement apprivoisé, va répondre sans y ajouter de son métal propre à la plus impalpable sollicitation qui lui est faite. Quelle continuité programmée ! Mais, dans la conduite de la sonate, quelle continuité encore, qui nous montre comme rarement on l’a ressenti de façon si doucement poignante, amicalement persuasive, que Schubert nous conduit. Il nous achemine et nous met en ordre, nous fait suivre son ordre, comme hors Bach et lui personne ne fait à ce degré. Le contrôle du temps est miraculeux (avec les fluctuations et les suspens auxquels Schubert oblige, et les silences que Laloum y ajoute imperceptiblement, comme s’il avait à nous faire entendre sa propre écoute intérieure ; sa propre participation). Le contrôle du timbre aussi, avec les nuances précieuses (sans afféterie aucune, jamais) qu’y apportent les reprises à répétition, le sublime ressassement harmonique et mélodieux (à sa façon) qui fait du long parcours de cette D.960, et surtout la marche nulle part du molto moderato initial, le plus saisissant (et moins sensationnel) paysage qui soit en piano. Le silence qui accompagnait ce déroulement était comme une attente comblée, d’une qualité en quelque sorte sainte. Dans le TCE comble où, en attendant Schubert, on toussait pas mal, c’est un exploit. Ovation, Adam Laloum en a eu une, et c’est juste. Mais le silence qui l’accompagnait est autrement rare. Christopher Franklin (DR) Le silence était de même qualité le lendemain soir. On aurait entendu voler une mouche. La Somnambule de Bellini en concert, quelle aubaine ! On nous avait sinistrement défiguré ce bijou, ce délicat bijou, à Bastille, absurdement mis en scène dans de l’hôtellerie suisse up to date, avec une chanteuse star en lambeaux. Il faut remonter jusqu’à ce même TCE et June Anderson, il y a des âges, pour trouver une Somnambule traitée comme le trésor qu’elle est : sans doute ce que Bellini a produit, en chant, de mieux modelé, plus élégiaque, plus transparent, aux couleurs bucoliques d’une Helvétie de folklore, où l’air est pur. L’Orchestre de chambre de Paris, Les Cris de Paris (de Geoffroy Jourdain) et Christopher Franklin, maître d’œuvre de l’ensemble, ont rendu à un chef-d’œuvre de grâce, de tact et d’équilibre le plus beau service de musiciens qui soit possible : le respecter. Le laisser parler dans sa naïveté, n’y rien surcharger. Et permettre aux voix d’exception qui ont à se joindre dans les duos les plus célestes que le bel canto ait produits, de le faire en toute simplicité et pureté. Nicola Ulivieri (DR) Quand on aura dit que le Comte de Nicola Ulivieri se détachait par sa beauté de timbre et sa simplicité de ligne d’un ensemble de personnages secondaires soigné dans le moindre détail, on doit en venir au couple qui est la raison d’être de toute résurrection de La Somnambule, Elvino, ténor de grâce s’il en est, et Amina, la Somnambule. Callas, on le sait, a ressuscité et immortalisé un rôle où on ne l’attendait pas (on sait ses noirceurs voulues, ses contrastes et ses duretés, son dramatisme inné) et que Visconti lui a mis en scène, immortellement, avec des grâces de danseuse, d’une Taglioni sylphide dont les manières et, pourrait-on dire, les ports de bras semblaient transparaître dans son chant d’une délicatesse et d’une grâce étudiées, uniques. Mais elle n’a jamais eu avec elle un Elvino d’aussi belle école et grâce qui puisse, comme autrefois Tito Schipa (apparié à une Galli Curci, à une Toti Dal Monte) nous donner de ces 78 tours de chant italien gracieux qui ont fait survivre Bellini contre toute mode. John Osborn (DR) John Osborn est à cet égard unique. De timbre non, pas vraiment. Mais d’utilisation du timbre, certes. D’allègements, d’attaque, d’intonation. En tout point le chevalier servant idéal de la merveille derrière laquelle il faut bien, dans La Somnambule, que tout s’efface. Et le miracle s’est appelé Sabine Devieilhe. Elle aussi, comme Laloum, depuis quelques années on l’a à l’œil. Depuis certaine Lakmé à l’Opéra-Comique où la transparence se montrait déjà, timidement, timbre ; mais avec combien de teintes et de diffractions déjà, et quel art supérieur de la simplicité. Tout récemment une Saint Matthieu autrement haut tenue la montrait archet à la corde dans ce que Bach a fait de plus soutenu, tendu et plein. L’étoffe star y était d’emblée et l’assiduité, le travail en équipe avec l’Ensemble Pygmalion, la patience, la prudence (ne pas accepter n’importe quoi aux côtés de n’importe qui, qui vous obligera à chanter mal) ont étoffé et timbré l’instrument vocal de la façon la plus naturelle qui soit. Il est libre, l’argent du timbre à même le souffle, la résonance tout de suite au bout des lèvres. Un jet d’eau, un épanouissement. Et merveille, cette si rare qualité de silence que certaines voix bénies portent en elles, essentiellement grave, sérieuse, et qui semble n’être que la vérité la plus secrète, la doublure intérieure de leur timbre, ce silence de source et d’eau pure, ce silence qui est celui, émerveillé, de l’Eve de Péguy en son premier jardin, en son premier matin. Elle a produit sur la salle du TCE muette et suspendue un effet de grâce, de spiritualité aussi, qui porte plus haut une musique de Bellini à qui il peut suffire qu’on la fasse belle et galbée et bien exécutée. Les allègements et la vocalisation en hauteur qui ont fait cette voix déjà célèbre ne sont rien ici à côté de cette rareté autrement précieuse : ce rayonnement d’une chaste lumière. « Ô mère ensevelie hors du premier jardin / Vous n’avez plus connu ce climat de la grâce / Et la vasque et la source et la haute terrasse / Et le premier soleil sur le premier matin… » Si, si. Nous les avons retrouvés et reconnus hier soir, en une parenthèse qui est grâce. Sabine Devieilhe à l’issue de « La Somnambule » le 11 avril 2016 au TCE (DR) Théâtre des Champs-Elysées, 10 et 11 avril 2016



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26 février

Michel Tirouflet, quelle époque !

1. D’abord une réponse à C. Holdrinet qui trouve que mon petit poème sur Alain Duault “clopine” (voir commentaires au billet précédent). Comment ça “clopine” ? En matière de versification, ça s’appelle un “rejet”(entendu dans l’émission), on “rejette” un mot ou un groupe de mots au vers suivant pour le mettre en valeur et créer précisément un déséquilibre, une arythmie ou une syncope qui interpelle le lecteur. C’est moi qui vais en faire une de syncope ! Tout plein de cette merveilleuse science nouvellement acquise, j’ai voulu m’essayer au rejet dans mes vers de mirliton et voilà qu’on les rejette, mes vers !!! J’en suis …. de rage ! Cela me rappelle (toutes proportions gardées évidemment) Régine Crespin enregistrant son célèbre “Spectre de la rose” avec Ernest Ansermet. Le chef d’orchestre lui fait refaire cinq ou six fois la fin, et elle lui dit : “Qu’y a-t-il maestro ? Ça ne va pas ?” - Si si, répond-il, mais il y a un souffle à chaque fois sur “ci-gît une rose”. Et la grande Régine de rétorquer : Mais justement, maestro, c’est le dernier souffle de la rose qui meurt. Je le fais exprès. Lueur de bon-sang-mais-c’est-bien-sûr dans les yeux du chef d’orchestre : Ah très bien. On garde la première prise. Dur d’être un artiste incompris dans ce monde de brutes. 2. Livre formidable de Michel Tirouflet sur notre monde qui s’améliore, vaille que vaille, et en dépit du qu’en-dira-t-on de nos vociférateurs cathodiques. Et constat amer sur cette France qui patine parce que ses élites croient que le mal est conjoncturel quand il est structurel. Voici son programme : 1/ Schubert : La jeune fille et la mort 2ème mvt 2/ Liszt : Les jeux d’eaux à la Villa d’Este par France Clidat 3/ Delibes : Lakmé : Air des clochettes par Maria Callas 4/ Glass : A Descent into the Maelström 2ème mvt Ses 3 Madeleines musicales 1/ Mozart : La marche turque 2/ Chopin : La grande polonaise par Rubinstein 3/ Borodine : Dans les steppes de l’Asie centrale.

Maria Callas
(1923 – 1977)

Maria Callas est une cantatrice américaine naturalisée grecque (2 décembre 1923 - 16 septembre 1977). Surnommée « la Bible de l'opéra » par Léonard Bernstein, « la Callas » – telle qu'elle est couramment appelée – a bouleversé l'art lyrique du xxe siècle en valorisant l'approche du jeu d'acteur, jusqu'alors relégué au second plan. Entourée des meilleurs artistes de son époque (Boris Christoff, Mario del Monaco, Giuseppe Di Stefano, etc.) et s'étant produite sur les principales scènes d'opéra du monde (New York, Londres, Paris, Milan, Venise, Rome, Buenos Aires, Mexico, etc.), Callas demeure encore au xxie siècle l'une des cantatrices les plus célèbres, à la fois par le timbre très particulier de sa voix, son registre étendu, sa grande virtuosité alliée à un phrasé à nul autre pareil et son talent de tragédienne, lui permettant d'incarner littéralement les personnages qu'elle interprétait (Lucia, Gilda, Violetta).



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